Jérôme Nutte : « La technologie aide à décider, mais la responsabilité reste humaine »
Principal Race Officer des Régates Royales de Cannes, membre du Conseil d’administration du C.I.M., de la Commission Sécurité et Régates et de la Commission de Jauge, Jérôme Nutte revient sur la saison 2026 et livre un regard technique sur l’organisation des courses de yachts classiques, la jauge et l’avenir du circuit méditerranéen.

La saison méditerranéenne s’est achevée et, avec elle, la 48e édition des Régates Royales, qui a réuni plus de 130 bateaux sur trois ronds de course. Pour le C.I.M., c’était le moment idéal pour prendre du recul avec celui qui, depuis le bateau comité, voit le yachting classique sous tous ses angles : sportif, technique, humain et patrimonial. De ses réponses se dégagent quelques idées fortes.
L’humain avant tout. Flotte de qualité, moyens techniques performants, partenaires engagés : tout compte. Mais pour Jérôme Nutte, le facteur décisif reste l’équipe d’organisation et les quelque 80 bénévoles mobilisés à Cannes, « la véritable clé du succès ».
La technologie au service de la décision. Prévisions météo plus fiables, suivi GPS, bouées géostationnaires, briefings quotidiens par WhatsApp inspirés du haut niveau olympique : la direction de course s’est transformée. Mais la technologie « ne remplace pas l’expertise humaine » ; le PRO demeure le garant de l’équité sportive.
Une jauge plus équitable, un circuit plus harmonisé. La jauge C.I.M. évolue de manière pragmatique et concertée, à l’écoute des propriétaires. Prochaine étape : uniformiser documents de course, formats et pratiques d’organisation d’une épreuve à l’autre.
Compétition et patrimoine, un équilibre à préserver. Des flottes plus homogènes, un niveau sportif en hausse, mais une conviction intacte : ces « œuvres d’art flottantes », souvent centenaires, doivent être courues avec rigueur et respect. Un équilibre qui guidera aussi Cannes vers le centenaire des Régates Royales en 2029.
-Avec le recul de la fin de saison, quel bilan tirez-vous de l’année 2026 en Méditerranée ? Quelles tendances observez-vous en matière de participation, de composition des flottes et de niveau sportif ?
« Le bilan 2026 est très positif. Les grands rendez-vous de la Méditerranée ont confirmé leur attractivité avec de belles participations et des flottes plus homogènes dans leur composition. Nous observons également une nette hausse du niveau sportif, portée par des équipages toujours mieux préparés et très engagés.
Les bateaux sont présentés dans un état remarquable, ce qui témoigne de la passion et de l’investissement des armateurs et de leurs équipes. Cette dynamique est aussi accompagnée par l’évolution continue de la jauge C.I.M., qui contribue à renforcer l’équité sportive et à rendre les régates toujours plus compétitives.
Enfin, cette montée en gamme s’accompagne d’une attente plus forte en matière d’organisation. Les concurrents sont de plus en plus exigeants sur la qualité des parcours, la logistique et les services proposés. C’est un défi pour les organisateurs, mais aussi le signe d’une communauté mature et ambitieuse qui tire l’ensemble de la discipline vers l’excellence. »
- La 48e édition des Régates Royales a réuni plus de 130 bateaux sur trois ronds de course, avec près de 80 bénévoles. Au-delà de Cannes, quels sont aujourd’hui les principaux paramètres techniques et humains qui conditionnent la réussite d’une régate de yachts classiques de cette envergure ?
« Aujourd’hui, organiser une régate de yachts classiques de l’envergure des Régates Royales nécessite la réunion de plusieurs ingrédients essentiels. Il faut bien sûr une flotte de qualité, des équipages expérimentés et des moyens techniques performants, aussi bien sur l’eau qu’à terre. Les bateaux sont préparés avec un niveau d’exigence très élevé et les attentes des concurrents ne cessent de progresser, tant sur le plan sportif que sur celui des services et de l’organisation.
Mais le facteur le plus déterminant reste l’humain. Derrière un événement de cette dimension se trouve une équipe d’organisation expérimentée et près de 80 bénévoles engagés dans tous les secteurs : comité de course, sécurité, logistique, accueil, résultats ou relations avec les concurrents. Leur professionnalisme et leur passion sont la véritable clé du succès.
Cette réussite repose également sur l’engagement de partenaires institutionnels et commerciaux, dont le soutien est indispensable pour maintenir le niveau d’excellence attendu aujourd’hui sur les plus grandes épreuves internationales. Je tiens aussi à souligner le rôle essentiel de la Ville de Cannes, qui accompagne l’événement et les épreuves organisées par le YC de CANNES tout au long de l’année et contribue, par son soutien logistique, opérationnel et promotionnel, à son rayonnement international.
Le véritable défi consiste finalement à conjuguer excellence sportive, expertise technique, engagement bénévole et soutien de l’ensemble des partenaires. C’est cet équilibre qui permet aux Régates Royales de demeurer l’un des grands rendez-vous internationaux du yachting classique. »
- Comment le rôle du Principal Race Officer a-t-il évolué ces dernières années ? Quelle place occupent désormais les outils technologiques (suivi GPS, prévisions météo, communication radio, gestion des résultats) dans la direction de course ?
« Le rôle du Principal Race Officer a considérablement évolué ces dernières années. Au-delà de la gestion des départs et de la mise en place des parcours, il est aujourd’hui au cœur d’un dispositif beaucoup plus large qui combine expertise sportive, gestion des risques, coordination des équipes et utilisation d’outils technologiques de plus en plus performants.
La technologie a profondément transformé notre manière de travailler. Les prévisions météorologiques sont désormais beaucoup plus précises et permettent d’anticiper avec une grande fiabilité les évolutions des conditions. Les systèmes de suivi GPS offrent une vision en temps réel de la flotte, tandis que les moyens de communication modernes facilitent la coordination entre les comités de course, les équipes de sécurité et l’ensemble des intervenants sur l’eau.
L’introduction des bouées géostationnaires constitue également une avancée majeure. Elles permettent de modifier rapidement la configuration des parcours et de les adapter en temps réel à l’évolution du vent ou de l’état de la mer. Cette flexibilité offre davantage de possibilités pour construire des parcours équilibrés et sportifs, adaptés aux caractéristiques des différentes classes tout en garantissant la sécurité des concurrents.
Les outils numériques de gestion et de traitement des résultats ont également amélioré la rapidité et la transparence de l’information diffusée aux équipages, aux organisateurs et au public.
Pour autant, la technologie ne remplace pas l’expertise humaine. Elle constitue avant tout une aide à la décision. Le Principal Race Officer reste le garant de l’équité sportive et de la qualité des courses. Son rôle est d’interpréter les informations disponibles, d’anticiper les évolutions des conditions, de choisir les parcours les plus adaptés et de prendre, parfois dans des délais très courts, les décisions qui permettent d’offrir aux concurrents les meilleures conditions de compétition.
L’évolution la plus marquante est sans doute que nous disposons aujourd’hui d’outils permettant de prendre des décisions plus rapides et mieux informées. Mais la responsabilité fondamentale demeure la même : préserver l’intégrité sportive de l’épreuve et garantir des courses équitables, sûres et de grande qualité. »
- Faire courir ensemble des yachts centenaires, des classes métriques et des monotypes comme le Dragon pose des défis particuliers. Comment concilier sécurité, équité sportive et respect du patrimoine dans la conception des parcours et des départs ?
« La clé réside d’abord dans les équipes. Il faut les bonnes personnes au bon endroit, qu’il s’agisse de la direction de course, des comités de départ, des équipes de sécurité ou de la logistique. La communication entre tous les acteurs de l’organisation est essentielle pour anticiper les situations, adapter les décisions et maintenir une parfaite cohérence sur l’ensemble du plan d’eau.
La configuration exceptionnelle de la baie de Cannes constitue également un atout majeur. Elle nous permet d’exploiter simultanément jusqu’à trois zones de course distinctes, offrant ainsi la possibilité d’adapter les parcours et les conditions de régate aux caractéristiques propres de chaque classe. Cette flexibilité est précieuse pour garantir des courses équitables et de qualité, qu’il s’agisse des yachts classiques, des classes métriques ou des monotypes.
Les moyens techniques jouent également un rôle déterminant. Les outils de suivi GPS, les systèmes de communication, les bouées géostationnaires et les outils d’analyse météorologique permettent aujourd’hui de gérer efficacement plusieurs zones de course en parallèle. Ils nous offrent la capacité d’ajuster les parcours avec précision et de proposer aux différentes flottes des conditions de navigation aussi proches que possible de l’idéal sportif recherché.
Enfin, rien de tout cela ne serait possible sans la confiance accordée par le Président du Yacht Club de Cannes, Jean-François Cutugno, et par le Conseil d’Administration. Cette confiance permet aux équipes d’agir sereinement, de prendre les décisions nécessaires et de maintenir un niveau d’exigence élevé. C’est cette alchimie entre la qualité du plan d’eau cannois, l’expertise humaine, les moyens techniques et le soutien institutionnel qui permet de préserver l’esprit du yachting classique tout en répondant aux standards sportifs et organisationnels les plus élevés. »
- Votre expérience olympique, notamment lors du test event de Marseille, a-t-elle influencé votre manière de diriger les courses de yachts classiques ? Quelles pratiques du haut niveau vous semblent transposables, et lesquelles ne le sont pas ?
« Les Jeux Olympiques représentent le plus haut niveau d’exigence dans notre sport. Les expériences acquises lors des épreuves olympiques, du Test Event de Marseille, des championnats du monde et des grandes compétitions internationales influencent naturellement ma façon de diriger les courses des Régates Royales. J’essaie d’y transposer tout ce qui peut contribuer à améliorer la qualité sportive, l’anticipation et la communication avec les concurrents.
Certaines pratiques sont parfaitement adaptées. C’est le cas, par exemple, des briefings quotidiens envoyés aux concurrents via WhatsApp, qui présentent les prévisions météo, l’analyse des conditions du jour et les intentions des comités de course. Cette communication directe et transparente, inspirée des événements de haut niveau, est très appréciée et permet à chacun d’aborder la journée dans les meilleures conditions.
En revanche, tout n’est pas transposable. Les régates de yachts classiques possèdent une identité et une culture particulières. Nous ne gérons pas seulement une compétition sportive, mais aussi un patrimoine exceptionnel. Ces bateaux sont de véritables œuvres d’art flottantes, souvent centenaires, qui nécessitent une attention particulière. La sécurité, la préservation des unités et le respect de leur histoire doivent toujours être pris en compte dans nos décisions.
L’objectif est donc de trouver le bon équilibre : apporter la rigueur, les méthodes et les standards organisationnels du plus haut niveau international tout en préservant l’esprit unique des yachts classiques. C’est ce qui fait toute la richesse et toute la spécificité des Régates Royales. »
- En tant que membre de la Commission de Jauge et membre aux conseils d’administration du C.I.M. et de l’AFYT, quels chantiers vous paraissent prioritaires pour l’avenir de la jauge et des règles du yachting classique en Méditerranée ? Quelles évolutions concrètes peut-on attendre dans les prochaines saisons ?
« Mon engagement au sein de la Commission de Jauge ainsi qu’aux conseils d’administration du C.I.M. et de l’AFYT est avant tout motivé par une conviction : nous avons la responsabilité de maintenir ce patrimoine exceptionnel vivant et attractif pour les générations futures. Les yachts classiques ne sont pas seulement des bateaux de course, ce sont des témoins de l’histoire maritime qu’il faut préserver tout en leur permettant de continuer à naviguer et à régater.
Le premier chantier prioritaire concerne naturellement la jauge C.I.M. Le Comité de Jauge travaille tout au long de l’année et reste à l’écoute des propriétaires et de leurs équipes afin de faire évoluer le système de manière pragmatique et concertée. L’objectif est clair : rendre la jauge toujours plus équitable, afin que les résultats reflètent avant tout la qualité de la préparation des bateaux, les compétences des équipages et les choix tactiques sur l’eau.
Au-delà de la jauge elle-même, l’enjeu des prochaines années est d’accroître l’harmonisation du circuit. Les propriétaires naviguent d’un pays à l’autre et doivent pouvoir retrouver des règles et des procédures cohérentes. Nous travaillons donc à une plus grande uniformisation des documents de course, des formats de régates et des pratiques d’organisation sur l’ensemble du circuit.
L’ambition est de disposer d’un règlement C.I.M. toujours plus précis. Cette cohérence renforcera la lisibilité du circuit, facilitera la participation internationale et contribuera à la pérennité du yachting classique en Méditerranée.
En résumé, les évolutions à attendre dans les prochaines saisons sont davantage d’équité, plus d’harmonisation entre les épreuves et une volonté constante de préserver l’esprit du yachting classique tout en répondant aux exigences d’un sport moderne. »
- Quelle est votre vision pour l’avenir du circuit méditerranéen, et comment le Yacht Club de Cannes se prépare-t-il au centenaire des Régates Royales en 2029 ?
« Je pense que l’avenir du circuit méditerranéen s’oriente vers des flottes plus homogènes, avec une présence croissante de séries cohérentes de yachts et probablement un nombre plus limité de très grandes unités. Cette évolution s’accompagne d’un niveau sportif toujours plus élevé, porté par des propriétaires et des équipages qui investissent beaucoup dans la préparation de leurs bateaux et dans leur entraînement.
Pour autant, l’objectif ne doit pas être uniquement la performance. La force du yachting classique est de réussir à concilier la compétition de haut niveau avec la préservation d’un patrimoine maritime unique. C’est cet équilibre qu’il faudra continuer à préserver dans les années à venir.
Concernant le centenaire des Régates Royales en 2029, c’est évidemment une échéance majeure pour le Yacht Club de Cannes. Plusieurs réflexions sont déjà engagées avec nos partenaires et avec la Ville de Cannes afin de faire de cet anniversaire un événement à la hauteur de l’histoire des Régates Royales et de leur place dans le yachting classique international.
Les travaux sont en cours, mais il est encore trop tôt pour dévoiler les détails. Je peux simplement dire que nous sommes pleinement conscients de l’importance de cette date et que tout est mis en œuvre pour célébrer dignement cent ans d’histoire, de passion et de patrimoine maritime. »
Le Comité International de la Méditerranée remercie chaleureusement Jérôme Nutte pour le temps qu’il nous a consacré et pour la générosité de ses réponses. Plus d’équité, plus d’harmonisation, et un patrimoine qui continue de naviguer : la feuille de route qu’il dessine est aussi celle du C.I.M. Faire évoluer la jauge avec les propriétaires, rapprocher les pratiques des clubs organisateurs d’un pays à l’autre et faire vivre ces yachts sur l’eau plutôt qu’au musée : c’est le sens même de notre mission. Rendez-vous sur l’eau la saison prochaine, et à Cannes en 2029 pour cent ans de Régates Royales.
Jérôme Nutte: “Technology helps us decide, but the responsibility remains human”
Principal Race Officer of the Régates Royales in Cannes and a member of the C.I.M. Board of Directors, its Safety and Racing Committee and its Rating Committee, Jérôme Nutte looks back on the 2026 season and offers a technical perspective on running classic yacht regattas, on the rating rule and on the future of the Mediterranean circuit.
The Mediterranean season has come to a close, and with it the 48th Régates Royales, which brought together more than 130 yachts on three race courses. For the C.I.M., it was the right moment to step back with someone who, from the committee boat, sees classic yachting from every angle: sporting, technical, human and heritage. A few key ideas stand out from his answers.
People first. A quality fleet, strong technical resources and committed partners all matter. But for Jérôme Nutte, the decisive factor remains the organising team and the nearly 80 volunteers mobilised in Cannes, “the real key to success.”
Technology in support of decisions. More reliable weather forecasts, GPS tracking, geostationary buoys, daily WhatsApp briefings inspired by Olympic-level racing: race management has been transformed. Yet technology “does not replace human expertise”; the PRO remains the guarantor of fair competition.
A fairer rating, a more harmonised circuit. The C.I.M. rating evolves pragmatically and in consultation with owners. The next step is to bring race documents, formats and organising practices into line from one event to the next.
Competition and heritage, a balance to protect. More homogeneous fleets and a rising sporting level, but an unchanged conviction: these often century-old “floating works of art” must be raced with rigour and respect. The same balance will guide Cannes towards the centenary of the Régates Royales in 2029.
- Looking back at the end of the season, what is your assessment of 2026 in the Mediterranean? What trends do you see in participation, fleet composition and sporting level?
“The 2026 assessment is very positive. The major Mediterranean events confirmed their appeal, with strong turnouts and fleets that were more homogeneous in their composition. We are also seeing a clear rise in the sporting level, driven by crews who are ever better prepared and highly committed.
The yachts are presented in remarkable condition, which reflects the passion and investment of the owners and their teams. This momentum is also supported by the continuous evolution of the C.I.M. rating, which helps strengthen fairness and makes the regattas ever more competitive.
Finally, this step up in quality comes with higher expectations of the organisation. Competitors are increasingly demanding when it comes to the quality of the courses, the logistics and the services on offer. It is a challenge for organisers, but also the sign of a mature and ambitious community that is pulling the whole discipline towards excellence.”
- The 48th Régates Royales brought together more than 130 yachts on three race courses, with nearly 80 volunteers. Beyond Cannes, what are today the main technical and human factors behind the success of a classic yacht regatta of this scale?
“Today, organising a classic yacht regatta on the scale of the Régates Royales requires bringing together several essential ingredients. Of course you need a quality fleet, experienced crews and effective technical resources, both on the water and ashore. The yachts are prepared to very high standards, and competitors’ expectations keep rising, both in sporting terms and in terms of services and organisation.
But the most decisive factor remains the human one. Behind an event of this size there is an experienced organising team and nearly 80 volunteers working in every area: race committee, safety, logistics, hospitality, results and competitor relations. Their professionalism and passion are the real key to success.
This success also relies on the commitment of institutional and commercial partners, whose support is essential to maintain the level of excellence now expected at the leading international events. I would also like to highlight the essential role of the City of Cannes, which supports the event and the races organised by the YC de Cannes throughout the year, and contributes to its international reach through its logistical, operational and promotional support.
In the end, the real challenge is to combine sporting excellence, technical expertise, volunteer commitment and the support of all our partners. It is this balance that allows the Régates Royales to remain one of the great international events in classic yachting.”
- How has the role of the Principal Race Officer evolved in recent years? What place do technological tools (GPS tracking, weather forecasting, radio communication, results management) now have in race management?
“The role of the Principal Race Officer has changed considerably in recent years. Beyond managing starts and setting courses, the PRO is now at the heart of a much broader system that combines sporting expertise, risk management, team coordination and the use of increasingly powerful technological tools.
Technology has profoundly changed the way we work. Weather forecasts are now far more accurate and allow us to anticipate changes in conditions with great reliability. GPS tracking systems provide a real-time view of the fleet, while modern communication tools make coordination easier between race committees, safety teams and everyone involved on the water.
The introduction of geostationary buoys is also a major step forward. They make it possible to change course configurations quickly and adapt them in real time to shifts in the wind or sea state. This flexibility gives us more options to build balanced, competitive courses suited to the characteristics of the different classes, while ensuring the safety of competitors.
Digital tools for managing and processing results have also improved the speed and transparency of the information shared with crews, organisers and the public.
Even so, technology does not replace human expertise. It is above all a decision-making aid. The Principal Race Officer remains the guarantor of fair competition and the quality of the racing. The role is to interpret the available information, anticipate changing conditions, choose the most suitable courses and make the decisions — sometimes at very short notice — that give competitors the best possible racing conditions.
The most striking change is probably that we now have tools that allow us to make faster, better-informed decisions. But the fundamental responsibility remains the same: to preserve the sporting integrity of the event and to guarantee fair, safe, high-quality racing.”
- Racing century-old yachts, metre classes and one-designs such as the Dragon together poses particular challenges. How do you reconcile safety, sporting fairness and respect for heritage when designing courses and starts?
“The key lies first and foremost in the teams. You need the right people in the right place, whether in race management, on the start committees, in the safety teams or in logistics. Communication between everyone in the organisation is essential to anticipate situations, adapt decisions and maintain complete consistency across the whole racing area.
The exceptional layout of the Bay of Cannes is also a major asset. It allows us to run up to three separate race areas at the same time, making it possible to adapt courses and racing conditions to the specific characteristics of each class. This flexibility is invaluable in ensuring fair, high-quality racing, whether for classic yachts, metre classes or one-designs.
Technical resources also play a decisive role. GPS tracking, communication systems, geostationary buoys and weather analysis tools now make it possible to manage several race areas efficiently in parallel. They give us the ability to adjust courses precisely and to offer each fleet sailing conditions as close as possible to the sporting ideal we are aiming for.
Finally, none of this would be possible without the trust placed in us by the President of the Yacht Club de Cannes, Jean-François Cutugno, and by the Board of Directors. That trust allows the teams to work calmly, make the necessary decisions and maintain high standards. It is this alchemy between the quality of the Cannes racing waters, human expertise, technical resources and institutional support that allows us to preserve the spirit of classic yachting while meeting the highest sporting and organisational standards.”
- Has your Olympic experience, particularly at the Marseille test event, influenced the way you run classic yacht races? Which high-performance practices can be transferred, and which cannot?
“The Olympic Games represent the highest level of demand in our sport. The experience gained at Olympic events, the Marseille Test Event, world championships and major international competitions naturally influences the way I run the racing at the Régates Royales. I try to bring in everything that can help improve the sporting quality, anticipation and communication with competitors.
Some practices fit perfectly. One example is the daily briefings sent to competitors via WhatsApp, which present the weather forecast, an analysis of the day’s conditions and the race committees’ intentions. This direct and transparent communication, inspired by top-level events, is much appreciated and allows everyone to approach the day in the best possible conditions.
On the other hand, not everything can be transferred. Classic yacht regattas have their own identity and culture. We are not only managing a sporting competition, but also an exceptional heritage. These boats are true floating works of art, often a hundred years old or more, and they require special care. Safety, the preservation of the yachts and respect for their history must always be taken into account in our decisions.
The aim is therefore to strike the right balance: to bring the rigour, methods and organisational standards of the highest international level while preserving the unique spirit of classic yachts. That is what gives the Régates Royales all their richness and character.”
- As a member of the Rating Committee and of the Boards of the C.I.M. and the AFYT, which priorities do you see for the future of the rating rule and the rules of classic yachting in the Mediterranean? What concrete changes can we expect in the coming seasons?
“My involvement in the Rating Committee and on the Boards of the C.I.M. and the AFYT is driven above all by one conviction: we have a responsibility to keep this exceptional heritage alive and attractive for future generations. Classic yachts are not just racing boats; they are witnesses to maritime history that must be preserved while allowing them to keep sailing and racing.
The first priority, naturally, is the C.I.M. rating. The Rating Committee works throughout the year and keeps listening to owners and their teams in order to develop the system in a pragmatic, consultative way. The goal is clear: to make the rating ever fairer, so that results reflect above all the quality of the boats’ preparation, the skills of the crews and the tactical choices made on the water.
Beyond the rating itself, the challenge for the coming years is to increase the harmonisation of the circuit. Owners sail from one country to another and should find consistent rules and procedures wherever they go. We are therefore working towards greater standardisation of race documents, regatta formats and organisational practices across the whole circuit.
The ambition is to have an ever more precise C.I.M. rulebook. This consistency will make the circuit easier to follow, encourage international participation and help secure the future of classic yachting in the Mediterranean.
In short, the changes to expect in the coming seasons are greater fairness, more harmonisation between events and a constant determination to preserve the spirit of classic yachting while meeting the demands of a modern sport.”
- What is your vision for the future of the Mediterranean circuit, and how is the Yacht Club de Cannes preparing for the centenary of the Régates Royales in 2029?
“I believe the future of the Mediterranean circuit is moving towards more homogeneous fleets, with a growing presence of coherent groups of yachts and probably a smaller number of very large yachts. This trend comes with an ever higher sporting level, driven by owners and crews who invest heavily in preparing their boats and in training.
That said, performance alone should not be the goal. The strength of classic yachting lies in reconciling top-level competition with the preservation of a unique maritime heritage. It is this balance that we must continue to protect in the years ahead.
As for the centenary of the Régates Royales in 2029, it is obviously a major milestone for the Yacht Club de Cannes. Discussions are already under way with our partners and with the City of Cannes to make this anniversary an event worthy of the history of the Régates Royales and of their place in international classic yachting.
The work is in progress, but it is still too early to reveal the details. I can simply say that we are fully aware of the importance of this date and that everything is being done to celebrate a hundred years of history, passion and maritime heritage in a fitting way.”
The Comité International de la Méditerranée warmly thanks Jérôme Nutte for his time and for the generosity of his answers. Greater fairness, closer harmonisation and a heritage that keeps on sailing: the roadmap he sets out is also the C.I.M.’s own. Developing the rating together with owners, bringing organising clubs’ practices closer together from one country to the next, and keeping these yachts on the water rather than in a museum — that is the very purpose of our mission. See you on the water next season, and in Cannes in 2029 for a hundred years of the Régates Royales.

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