Régates Royales de Cannes : Eilean, Shamrock V et Cambria
Dernière mise à jour : 6 oct.
La 48e édition des Régates Royales, organisée par le Yacht Club de Cannes, a réuni plus d'une centaine de yachts classiques, ainsi que 34 Dragons venus de 14 nations. Créée en 1929 à l'initiative du roi Christian X de Danemark, l'épreuve reste l'un des principaux rendez-vous de la voile classique. Faute de vent, la première journée des classiques n'a permis aucune course. Les équipages en ont profité pour rendre hommage au photographe Carlo Borlenghi, qui a couvert les Régates Royales pendant des décennies. Les journées suivantes ont offert des conditions variées, de 10 à 25 nœuds.

Plusieurs bateaux ont marqué la semaine. Eilean, ketch Fife de 1936 restauré par Panerai, a fait son retour à Cannes après une longue absence. Shamrock V et Cambria, deux grands noms de l'histoire de la Coupe de l'America, se sont livré un duel hors classement sur le parcours des îles de Lérins. Le dernier jour, avec 25 nœuds au départ, le comité de course dirigé par Jérôme Nutte a retardé les départs d'une heure, puis a pu lancer les dernières manches dans de bonnes conditions.
Big Boat. Viveka (Gery Atkins) s'impose avec deux victoires en trois manches, devant Hallowe'en (Inigo Strez). Eilean (Stefano Valente) complète le podium pour son retour à Cannes.
Époque Aurique. Kismet s'impose. En Aurique Croiseur, Lulu (Alain Beaume) remporte deux des trois manches et devance Java (Nathaniel Lemieux) et NiN (Yves Laurent), à égalité de points.
Époque Marconi. En classe A, Varuna of 1939 (Jens Kellinghusen) l'emporte devant Falcon (Patrick Monteiro de Barros) et Leonore (Mauro Piani). En classe B, la victoire revient à White Wings.
Classic Marconi. En classe A, Ea (Elia Bertola) gagne les trois manches, devant Penelope (Michele Renna) et Palynodie (Henri Ferbus). Criviza s'impose en classe B, et Twilight (Beppe Zaoli) en Classic Marconi Croiseur, devant Il Moro di Venezia (Massimiliano Ferruzzi).
Classic Croiseur. Eugenia V l'emporte. Mention spéciale pour l'italien Cadama, troisième avec un équipage mixte de marins valides et en situation de handicap.
Modern Classic. Victoria (Peter Silvester) termine en tête. Freya (Luca Celeghini) et Schwanensee (Paul Serhal) finissent à égalité de points, aux deuxième et troisième places.
Tofinou. Pitch (Patrice Riboud) domine une série de neuf manches, devant Outsider (Didier Seillier) et Circé (Charles Dehelly).
Dragon. Après dix manches, la victoire revient à POR 90 (Michael Zankel), devant SUI 313 (Dirk Oldenburg) et UAE 17 (Anatoly Loginov).
12 m JI. KZ5 (Tiziano Nava) remporte les onze manches face à French Kiss (Marc Pajot).
À la remise des prix, le président du Yacht Club de Cannes, Jean-François Cutugno, a remercié organisateurs, bénévoles et équipages.
Un peu d'histoire
Tout commence en 1929, lorsque le roi Christian X de Danemark, lui-même barreur passionné de son 6mJI Dania, demande aux yachtsmen de Cannes d'organiser pour lui une régate à son honneur. Naît alors la « Régate Royale ». Pendant dix ans, le souverain danois reviendra fidèlement défier la baie de Cannes, avant que la guerre puis l'oubli ne referment cette parenthèse dorée. Il faudra attendre 1978 et la détermination de Jean-Pierre Odéro, alors responsable des activités nautiques de la ville, pour que renaisse la légende. Depuis, les Régates Royales n'ont cessé de grandir, ouvertes aux jauges internationales — 6, 8 et 12 Mètres JI — puis, à partir de 1994, aux grands yachts classiques, avec l'arrivée marquante d'Endeavour et d'Elizabeth Meyer.
Aujourd'hui, la flotte rassemble des chefs-d'œuvre signés des plus grands architectes de l'histoire du yachting : l'Écossais William Fife III, les Américains Nathaniel Herreshoff et William Gardner. La flotte est répartie en catégories selon la taille, le gréement et l'âge des bateaux, pour cinq jours de régates disputées au large des îles de Lérins, entre l'Esterel et le Mercantour.
Mais les Régates Royales, ce n'est pas seulement du sport de haut niveau. C'est aussi l'un des rendez-vous les plus glamour de la Côte d'Azur : la Croisette s'anime, le Carlton Beach Club et le Palais des Festivals accueillent réceptions et soirées, et chaque édition est célébrée par une affiche originale — celle de 2026, réalisée par l'artiste cannois Grégory Berben, a été dévoilée en juin dernier. Armateurs, équipages, familles et amoureux de la mer se retrouvent dans une ambiance où l'élégance du sport côtoie celle des salons, entre tradition, passion et art de vivre méditerranéen.
Depuis le CIM, nous saluons chaleureusement les organisateurs du Yacht Club de Cannes et de la Société des Régates de Cannes, ainsi que tous les armateurs et les équipages qui ont fait vivre, une fois de plus, la légende des Régates Royales. Bon vent et bonne mer à toutes et à tous !
Crédits photos Yacht Club de Cannes
Régates Royales de Cannes: Eilean, Shamrock V and Cambria

The 48th Régates Royales, organised by the Yacht Club de Cannes, brought together more than a hundred classic yachts, plus 34 Dragons from 14 nations. Founded in 1929 at the initiative of King Christian X of Denmark, the event remains one of the main fixtures on the classic sailing calendar. The first day for the classics produced no racing for lack of wind. Crews used it to pay tribute to photographer Carlo Borlenghi, who covered the Régates Royales for decades. The days that followed delivered varied conditions, from 10 to 25 knots.
Several boats stood out during the week. Eilean, the 1936 Fife ketch restored by Panerai, returned to Cannes after a long absence. Shamrock V and Cambria, two great names from America's Cup history, fought an unofficial duel on the Lérins Islands course. On the final day, with 25 knots at the start, the race committee led by Jérôme Nutte postponed the starts by an hour and was then able to run the last races in good conditions.
Big Boat. Viveka (Gery Atkins) won with two victories in three races, ahead of Hallowe'en (Inigo Strez). Eilean (Stefano Valente) completed the podium on her return to Cannes.
Vintage Gaff. Kismet took the win. In Gaff Cruiser, Lulu (Alain Beaume) won two of the three races, ahead of Java (Nathaniel Lemieux) and NiN (Yves Laurent), who were level on points.
Vintage Marconi. In class A, Varuna of 1939 (Jens Kellinghusen) won ahead of Falcon (Patrick Monteiro de Barros) and Leonore (Mauro Piani). Class B went to White Wings.
Classic Marconi. In class A, Ea (Elia Bertola) won all three races, ahead of Penelope (Michele Renna) and Palynodie (Henri Ferbus). Criviza won class B, and Twilight (Beppe Zaoli) took Classic Marconi Cruiser ahead of Il Moro di Venezia (Massimiliano Ferruzzi).
Classic Cruiser. Eugenia V won. A special mention went to the Italian yacht Cadama, third with a crew of able-bodied and disabled sailors.
Modern Classic. Victoria (Peter Silvester) finished first. Freya (Luca Celeghini) and Schwanensee (Paul Serhal) ended level on points in second and third.
Tofinou. Pitch (Patrice Riboud) dominated a nine-race series, ahead of Outsider (Didier Seillier) and Circé (Charles Dehelly).
Dragon. After ten races, victory went to POR 90 (Michael Zankel), ahead of SUI 313 (Dirk Oldenburg) and UAE 17 (Anatoly Loginov).
12 Metre. KZ5 (Tiziano Nava) won all eleven races against French Kiss (Marc Pajot).
At the prize-giving, Yacht Club de Cannes president Jean-François Cutugno thanked the organisers, volunteers and crews.
A bit of history
The story begins in 1929, when King Christian X of Denmark, an avid helmsman aboard his own 6mJI Dania, asked the yachtsmen of Cannes to organise a regatta in his honour — and the "Royal Regatta" was born. For a decade the Danish king faithfully returned to challenge the Bay of Cannes, until war and time let the tradition fade. It took until 1978, and the determination of Jean-Pierre Odéro, then head of the city's nautical activities, to bring the legend back to life. Since then, the Régates Royales have never stopped growing — open to international rule classes (6, 8 and 12 Metres) and, from 1994, to the grand classic yachts as well, marked by the memorable arrival of Endeavour and Elizabeth Meyer.
Today the fleet gathers masterpieces by some of the greatest names in yacht design history: Scottish architect William Fife III, and the Americans Nathaniel Herreshoff and William Gardner. The fleet is divided into classes by size, rig and age, for five days of racing off the Lérins Islands, framed by the Esterel and Mercantour massifs.
But the Régates Royales are far more than elite sport. They are also one of the most glamorous appointments on the French Riviera: the Croisette comes alive, the Carlton Beach Club and the Palais des Festivals host receptions and evening events, and every edition is celebrated with an original poster — this year's, created by Cannes-born artist Grégory Berben, was unveiled this past June. Owners, crews, families and sea lovers gather in an atmosphere where sporting elegance meets the art of Mediterranean living.
From the CIM, we warmly greet the organisers at the Yacht Club de Cannes and the Société des Régates de Cannes, as well as every owner and crew who once again brought the legend of the Régates Royales to life. Fair winds and calm seas to all!
Photo credits: Yacht Club de Cannes


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