Gigi Rolandi: “ Préserver et naviguer “, le CIM face à son prochain siècleGigi
Gigi Rolandi a pris la présidence du Comité International de la Méditerranée en 2026, année de son centenaire — une coïncidence qu'il vit moins comme un honneur que comme une responsabilité. Physicien de renommée mondiale, longtemps engagé dans de grands projets internationaux au CERN, il est aussi, aux côtés de son épouse Ariella, propriétaire du yacht classique Crivizza. Cette double expérience, scientifique et de navigateur, irrigue toute sa vision du CIM : rigueur méthodique d'un côté, connaissance intime des réalités concrètes des armateurs de l'autre.

Dans les réponses qui suivent, le Président revient sur les grands chantiers de son mandat 2026-2030. Il y est question de transmission avant tout — l'idée que les propriétaires ne sont que les dépositaires temporaires d'un patrimoine qui les dépasse — mais aussi de modernisation : communication renouvelée, numérisation des certificats de jauge, cohérence du calendrier méditerranéen, et pistes de financement par le sponsoring pour soutenir les jeunes générations et les petits clubs. Gigi Rolandi y trace le portrait d'un CIM qui entend rester fidèle à son histoire tout en s'ouvrant résolument à l'avenir.
Le CIM fête ses 100 ans en 2026, et vous avez pris la présidence lors de cette année historique. Que représente pour vous le fait de diriger le Comité précisément en son centenaire, et quel message souhaitez-vous adresser aux armateurs et fédérations à l'occasion de cet anniversaire ?
Assumer la présidence du CIM l’année de son centenaire est naturellement un grand honneur, mais je le ressens avant tout comme une responsabilité.
Cent ans représentent quelque chose d’extraordinaire dans notre univers. Peu d’organisations sportives peuvent se prévaloir d’une telle continuité. Le CIM a traversé des époques très différentes, de profondes transformations de la voile et de la société, et a vu son propre rôle évoluer au fil du temps, tout en conservant une mission fondamentale : préserver et faire naviguer un patrimoine maritime exceptionnel.
Je tiens beaucoup à ces deux mots : préserver et naviguer. Nos bateaux ne sont pas des objets de musée. Leur beauté et leur valeur tiennent aussi au fait qu’ils continuent à naviguer, à régater et à être entretenus par des propriétaires et des équipages qui en prennent soin, les font vivre et devront, un jour, les confier à une nouvelle génération.
Le centenaire doit donc être non seulement l’occasion de considérer avec fierté ce qui a été accompli, mais surtout de nous demander ce que devra être le CIM dans vingt ou trente ans.
Mon message aux propriétaires, aux équipages, aux clubs et aux fédérations est simple : nous sommes, pour un temps, les dépositaires d’un patrimoine qui nous dépasse tous. Nous avons reçu ces bateaux et cette culture des générations précédentes, et nous avons la responsabilité de les transmettre aux générations futures.
Mais, pour y parvenir, nous devons également savoir évoluer. Respecter la tradition ne signifie pas rester immobiles.
Vous avez déclaré, dès votre élection, que l'engagement le plus important du CIM sera d'investir dans la communication et la visibilité médiatique. Quelles sont, concrètement, les prochaines étapes pour transformer le CIM, organisation historique d'armateurs, en une référence mondiale de la voile classique ?
Je crois que le CIM possède aujourd’hui un patrimoine, une expertise et une histoire extraordinaires, mais qu’il ne parvient pas encore à les faire suffisamment connaître.
Pendant longtemps, cela n’était peut-être pas nécessaire. Le monde de la voile classique était relativement restreint, les propriétaires se connaissaient, et les clubs et les associations communiquaient entre eux. Aujourd’hui, le monde a changé.
Si nous voulons attirer de nouveaux propriétaires, de nouveaux équipages, des jeunes, mais aussi les médias et d’éventuels partenaires économiques, nous devons beaucoup mieux raconter ce que nous faisons.
Cela signifie tout d’abord moderniser nos outils de communication : le site internet, les réseaux sociaux, les images, les vidéos et la lettre d’information. Mais je ne voudrais absolument pas que la communication du CIM devienne une simple succession de résultats de régates.
Derrière chaque bateau classique se cache une histoire extraordinaire : un architecte naval, un chantier, une famille, des traversées, des régates, des restaurations et, parfois, plus d’un siècle de navigation. Ce sont ces histoires que nous devons raconter.
Nous devons également renforcer la coordination entre le CIM, les associations nationales et les clubs organisateurs. Aujourd’hui, chacun a souvent tendance à communiquer de son côté. Nous devons progressivement créer une identité commune et faire en sorte que le public comprenne ce que représente le CIM.
Mais notre ambition ne doit pas nécessairement se limiter à la Méditerranée. Le CIM est né en Méditerranée et celle-ci restera naturellement son cœur, mais son expertise en matière de jauge et son engagement en faveur de la préservation des yachts classiques peuvent lui conférer une autorité bien plus large.
Je préférerais toutefois ne pas affirmer que notre objectif est de devenir une référence internationale. Le temps et, surtout, notre travail le diront : une réputation ne se décrète pas, elle se construit par la qualité et la crédibilité de ce que l’on fait.
En pensant au quadriennal 2026-2030, quels sont les principaux défis et projets d'avenir de votre mandat, au-delà de la communication ?
Le premier défi consiste certainement à préserver et à renforcer la crédibilité de notre système de jauge et de nos certificats.
Une règle destinée à des bateaux très différents les uns des autres, construits à des époques différentes et souvent profondément restaurés au cours de leur existence, sera inévitablement complexe. Elle doit toutefois être compréhensible et transparente, et pouvoir évoluer lorsque l’expérience montre que certains ajustements sont nécessaires.
Certains aspects de notre système de jauge vont toutefois au-delà de la composante purement métrique et objective et nécessitent une appréciation lors de l’application de corrections au rating ou de la détermination du coefficient d’originalité. Il est important que les règles relatives à ces coefficients soient claires et transparentes, non seulement dans leur définition, mais aussi dans la méthode selon laquelle elles sont appliquées. Il peut être utile, par exemple, de pouvoir comparer les critères appliqués pour déterminer les coefficients d’originalité de bateaux similaires, afin d’en vérifier la cohérence et l’uniformité dans le temps.
Au fond, il s’agit là aussi d’un aspect de la communication : nous devons être capables d’expliquer la jauge aux armateurs de manière transparente, en leur permettant de comprendre non seulement le résultat final, mais également les critères qui ont conduit à ce résultat.
Un deuxième enjeu important est la modernisation de nos outils. Nous avons engagé un important travail de numérisation de la gestion des certificats et des données techniques des bateaux. Cela peut sembler moins spectaculaire qu’une grande régate, mais c’est fondamental. Une organisation moderne doit disposer d’informations fiables, accessibles et cohérentes.
Je souhaiterais également améliorer progressivement la cohérence du calendrier méditerranéen. Nous avons la chance de compter des manifestations extraordinaires, mais nous devons apprendre à considérer davantage le calendrier du point de vue des armateurs.
Déplacer un yacht classique sur des centaines de milles n’est pas une chose anodine. Les dates, les distances et le temps nécessaire aux convoyages comptent énormément. Nous devons donc renforcer le dialogue entre les organisateurs, afin que les différentes manifestations ne soient pas simplement une collection d’événements indépendants, mais puissent progressivement constituer un véritable circuit méditerranéen, selon un parcours cohérent tant sur le plan géographique que temporel.
Enfin, je souhaiterais que le CIM soit toujours davantage une organisation au service des armateurs et des associations qui le composent. Nous devons être très attentifs à leur écoute. Les règles sont indispensables, mais une institution ne peut pas vivre uniquement de règlements.
La voile classique représente un capital d'image considérable pour les grandes marques. Le CIM envisage-t-il de développer de nouvelles formes de financement, notamment via le sponsoring, afin de dégager des ressources au service d'autres actions telles que la promotion de la voile classique auprès des nouvelles générations, le soutien aux petits clubs, ou encore l'organisation d'une régate propre au CIM, par exemple en fin de calendrier des régates des clubs ? Au-delà des instances dirigeantes du CIM, quel rôle les armateurs eux-mêmes peuvent-ils jouer dans cette démarche ?
C’est certainement une voie que nous devons explorer. La voile classique possède une valeur d’image extraordinaire. Elle réunit l’élégance, la technologie, l’histoire, le savoir-faire artisanal, la compétition et la mer. Ce sont autant de valeurs auxquelles de nombreuses grandes marques peuvent naturellement souhaiter être associées.
Mais, pour attirer des partenaires importants, nous devons avant tout être capables de leur proposer un projet crédible. Le sponsoring ne doit pas devenir une fin en soi. Les ressources supplémentaires doivent nous permettre de développer des activités que nous ne pouvons aujourd’hui mener que de manière limitée : améliorer notre communication, rapprocher les jeunes de la voile classique, soutenir les initiatives méritoires des clubs, développer notre patrimoine documentaire et numérique et, éventuellement, créer de nouvelles initiatives.
L’idée d’une manifestation du CIM à la fin de la saison est intéressante. Je serais toutefois prudent avant de créer simplement « une régate de plus ». Le calendrier méditerranéen est déjà très riche. Si le CIM devait un jour organiser ou promouvoir directement une manifestation, celle-ci devrait apporter quelque chose de différent, posséder une véritable identité et remplir une fonction clairement identifiable au sein du circuit du CIM.
Les armateurs peuvent jouer un rôle essentiel dans cette évolution. Le CIM ne doit pas se résumer à son Bureau ou à son Conseil. Parmi nos armateurs figurent des entrepreneurs, des dirigeants, des professionnels de la communication ainsi que des personnes disposant de réseaux et de compétences extrêmement variés.
Nous devons parvenir à mobiliser davantage cette extraordinaire richesse de compétences et de relations. Leur contribution peut également être particulièrement importante pour identifier les bons interlocuteurs et nouer des relations avec de possibles partenaires. Je souhaiterais que les armateurs ne se considèrent pas seulement comme les bénéficiaires des activités du CIM, mais comme des acteurs de son développement.
En tant qu'armateur de Crivizza aux côtés de votre épouse Ariella, et physicien de renommée mondiale, comment votre propre expérience de navigateur et votre carrière scientifique influencent-elles votre vision pour le CIM ?
Je distinguerais peut-être les deux aspects, même si, au bout du compte, ils finissent inévitablement par se rejoindre.
Crivizza m’a tout d’abord appris ce que signifie être propriétaire d’un bateau classique. C’est une source d’immenses satisfactions, mais aussi de beaucoup de travail : entretien, restaurations, problèmes techniques, convoyages parfois très longs et, bien entendu, régates.
Lorsque je participe à une réunion du CIM, j’essaie donc de ne jamais oublier que chaque décision a ensuite des conséquences concrètes pour quelqu’un qui doit préparer son bateau, obtenir un certificat, constituer un équipage et, parfois, parcourir deux cents ou trois cents milles pour participer à une régate.
Naviguer avec Ariella constitue également une part importante de ma relation avec Crivizza. Un bateau classique finit par entrer dans la vie d’une famille. Je pense que de nombreux propriétaires comprennent parfaitement ce que je veux dire.
Mon travail au CERN, où j’ai eu la responsabilité d’importants projets internationaux réunissant des centaines de physiciens, m’a également appris à coordonner des personnes aux compétences, aux responsabilités et aux cultures différentes, en essayant de construire un consensus autour d’objectifs communs. C’est une expérience que je cherche aussi à mettre à profit dans la gestion du CIM.
Ma formation scientifique m’a également donné une autre habitude : examiner les faits et les données avant de tirer des conclusions.
La science nous enseigne quelque chose de très important : une théorie, aussi élégante soit-elle, doit toujours être confrontée à la réalité. Si les observations ne correspondent pas à ce que nous avions prévu, ce n’est pas la réalité qui a tort.
Je crois que ce principe est également utile dans la gestion d’une règle de jauge et, plus généralement, d’une organisation telle que le CIM. Il faut respecter l’expérience accumulée, tout en conservant la capacité de mesurer, de vérifier et, lorsque cela est nécessaire, de corriger.
Enfin, la recherche scientifique est, par nature, internationale. J’ai travaillé toute ma vie avec des personnes de nationalités, de cultures et de langues différentes autour d’objectifs communs. Je retrouve beaucoup de cela au sein du CIM. Français, Italiens, Espagnols et représentants d’autres pays peuvent avoir des traditions et parfois des opinions différentes, mais nous partageons une passion et une responsabilité communes.
Quel héritage souhaiteriez-vous laisser, à l'issue de votre mandat, aux nouvelles générations d'armateurs et d'équipages qui rejoignent la voile classique ?
Je serais satisfait si, en 2030, le CIM était une organisation plus moderne, plus visible, plus internationale et plus proche des armateurs qu’il ne l’était quatre ans auparavant.
Mais le véritable résultat serait de voir davantage de jeunes à bord de nos bateaux.
Nous devons éviter que la voile classique ne devienne progressivement un univers magnifique, mais fermé, dans lequel propriétaires et équipages vieilliraient avec leurs bateaux. Transmettre cette passion et cette culture aux nouvelles générations constitue probablement l’un de nos défis les plus importants.
Pour qu’un jeune puisse tomber amoureux d’un bateau classique, il faut tout d’abord lui donner l’occasion de monter à bord. Il faut lui faire découvrir que ces bateaux ne sont pas seulement beaux à contempler depuis le quai : ils sont extraordinaires à barrer, à régler et à comprendre.
Je souhaiterais donc que nous parvenions à créer davantage d’occasions de rencontre et plus de passerelles entre les générations.
Et, surtout, je voudrais transmettre une idée : nous ne possédons jamais totalement un yacht classique. Pendant quelques années, parfois quelques décennies, nous n’en sommes que les dépositaires. Quelqu’un l’a conçu, quelqu’un l’a construit, d’autres l’ont préservé ou sauvé avant nous et, si nous avons bien accompli notre tâche, quelqu’un continuera à le faire naviguer après nous.
Si, à la fin de mon mandat, le CIM est devenu plus fort et plus moderne, tout en ayant conservé cette conscience de son histoire et de sa responsabilité, nous pourrons considérer, avec mes collègues du Conseil d’administration, que nous avons fait du bon travail.
Gigi Rolandi: "Preserve and Sail", Charting the CIM's Next Century
Gigi Rolandi took over the presidency of the Comité International de la Méditerranée in 2026, the very year of its centenary — a coincidence he regards less as an honour than as a responsibility. A world-renowned physicist who spent much of his career leading major international projects at CERN, he is also, together with his wife Ariella, owner of the classic yacht Crivizza. That dual background — scientific rigour and hands-on experience as a sailor — runs through his entire vision for the CIM.
In the answers that follow, the President sets out the main priorities of his 2026-2030 mandate. Custodianship is the recurring thread — the idea that owners are only temporary guardians of a heritage that outlasts them — alongside a clear push toward modernization: renewed communications, digitalisation of rating certificates, a more coherent Mediterranean calendar, and possible sponsorship pathways to support younger generations and smaller clubs. Taken together, his answers sketch a CIM determined to honour its history while opening decisively toward the future.
The CIM celebrates its 100th anniversary in 2026, and you took over the presidency in this historic year. What does it mean to you to lead the Committee precisely in its centenary year, and what message would you like to send to owners and federations on this occasion?
Taking on the presidency of the CIM in its centenary year is naturally a great honour, but above all I see it as a responsibility.
One hundred years is something truly extraordinary in our world. Few sporting organisations can claim such continuity. The CIM has lived through very different eras and profound changes in sailing and society. Its role has also evolved over time, while retaining a fundamental mission: to preserve and keep an exceptional maritime heritage sailing.
These two words are very important to me: preserve and sail. Our boats are not museum pieces. Their beauty and value also derive from the fact that they continue to sail and race and are maintained by owners and crews who care for them, keep them alive and will one day have to entrust them to a new generation.
The centenary should therefore be not only an opportunity to look back with pride on what has been achieved, but above all a moment to ask ourselves what the CIM should become in twenty or thirty years’ time.
My message to owners, crews, clubs and federations is simple: we are the temporary custodians of a heritage that transcends each of us. We received these boats and this culture from previous generations, and we have a responsibility to pass them on to those that follow.
But to succeed, we must also be able to evolve. Respecting tradition does not mean standing still.
Upon your election, you stated that the CIM's most important commitment would be to invest in communication and media visibility. Concretely, what are the next steps to transform the CIM, a historic owners' organisation, into a global reference for classic sailing?
I believe that the CIM possesses an extraordinary heritage, expertise and history, but that it is not yet communicating them effectively enough.
For a long time, perhaps this was not necessary. The world of classic sailing was relatively small: owners knew one another, and clubs and associations communicated among themselves. Today, the world has changed.
If we want to attract new owners, new crews and young people, as well as media attention and potential commercial partners, we must do a much better job of telling the story of what we do.
This means, first and foremost, modernising our communication tools: our website, social media, images, videos and newsletter. But I certainly would not want the CIM’s communications simply to become a succession of race results.
Behind every classic yacht lies an extraordinary story: a designer, a shipyard, a family, voyages, races, restorations and, sometimes, more than a century of sailing. These are the stories we need to tell.
We must also strengthen coordination between the CIM, national associations and organising clubs. Today, each often tends to communicate independently. We must gradually build a shared identity and ensure that the public understands what the CIM represents.
However, our ambition need not necessarily be confined to the Mediterranean. The CIM was founded in the Mediterranean, which will naturally remain its heart, but its expertise in rating and its commitment to preserving classic yachts can give it much broader authority.
Nevertheless, I would prefer not to say that our goal is to become an international point of reference. Time, and above all our work, will determine that: a reputation cannot be proclaimed; it is built through the quality and credibility of what one does.
Looking ahead to the 2026-2030 quadrennial, what are the main challenges and future plans of your mandate, beyond communication?
The first challenge is undoubtedly to preserve and strengthen the credibility of our rating system and certificates.
A rule intended for boats that differ greatly from one another, were built in different periods and have often undergone extensive restoration during their lifetime will inevitably be complex. It must, however, be understandable and transparent, and must be able to evolve when experience shows that certain adjustments are necessary.
Some aspects of our rating system go beyond purely objective measurements and require an element of assessment when applying rating corrections or determining the originality coefficient. It is important that the rules governing these coefficients be clear and transparent, not only in their definition but also in the method by which they are applied. It may be useful, for example, to compare the criteria used to determine the originality coefficients of similar boats, in order to verify their consistency and uniformity over time.
Ultimately, this too is an aspect of communication: we must be able to explain the rating system transparently to owners, enabling them to understand not only the final result but also the criteria that led to it.
A second important issue is the modernisation of our tools. We have begun a significant programme to digitalise the management of certificates and boats’ technical data. This may seem less spectacular than a major regatta, but it is essential. A modern organisation must have reliable, accessible and consistent information.
I would also like gradually to improve the coherence of the Mediterranean calendar. We are fortunate to have some extraordinary events, but we must learn to consider the calendar more from the owners’ perspective.
Moving a classic yacht hundreds of miles is no small undertaking. Dates, distances and the time required for deliveries matter enormously. We must therefore increase dialogue among organisers so that the various events are not simply a collection of independent occasions, but can gradually form a genuine Mediterranean circuit, following a geographically and chronologically coherent route.
Finally, I would like the CIM increasingly to be an organisation that serves its owners and member associations. We must listen carefully. Rules are essential, but an institution cannot live by regulations alone.
Classic sailing represents enormous brand-image capital for major companies. Is the CIM considering new forms of funding, sponsorship in particular, to generate resources for other initiatives such as promoting classic sailing among new generations, supporting smaller clubs, or even organising a CIM regatta of its own, for instance at the end of the clubs' racing calendar? Beyond the CIM's leadership, what role can the owners themselves play in this effort?
This is certainly an avenue we must explore. Classic sailing has extraordinary image value. It brings together elegance, technology, history, craftsmanship, competition and the sea. These are values with which many major brands may naturally wish to be associated.
However, to attract significant partners, we must first be capable of presenting them with a credible project. Sponsorship must not become an end in itself. Additional resources should enable us to develop activities that we can currently pursue only to a limited extent: improving our communications, bringing young people closer to classic sailing, supporting worthwhile initiatives by clubs, developing our documentary and digital heritage and, where appropriate, creating new initiatives.
The idea of holding a CIM event at the end of the season is interesting. However, I would be cautious about simply creating “one more regatta”. The Mediterranean calendar is already very full. If the CIM were one day to organise or directly promote an event, it should offer something different, have a genuine identity and fulfil a clearly recognisable role within the CIM circuit.
Owners can play an essential role in this evolution. The CIM must not be limited to its Bureau or Council. Among our owners are entrepreneurs, executives, communications professionals and people with extremely diverse networks and expertise.
We must find ways to draw more fully on this extraordinary wealth of expertise and connections. Their contribution can also be particularly important in identifying the right contacts and building relationships with potential partners. I would like owners to see themselves not merely as recipients of the CIM’s activities, but as active participants in its development.
As owner of Crivizza together with your wife Ariella, and a world-renowned physicist, how does your own experience as a sailor and your scientific career shape your vision for the CIM?
I would perhaps separate the two aspects, although they inevitably come together in the end.
First and foremost, Crivizza has taught me what it means to own a classic yacht. It brings immense satisfaction, but also a great deal of work: maintenance, restoration, technical problems, sometimes very long deliveries and, of course, racing.
When I attend a CIM meeting, I therefore try never to forget that every decision has practical consequences for someone who must prepare their boat, obtain a certificate, put together a crew and perhaps sail two or three hundred miles to take part in a regatta.
Sailing with Ariella is also an important part of my relationship with Crivizza. A classic yacht ultimately becomes part of a family’s life. I believe many owners understand perfectly what I mean.
My work at CERN, where I was responsible for major international projects involving hundreds of physicists, also taught me how to coordinate people with different skills, responsibilities and cultures, while seeking to build consensus around common goals. This is an experience I also try to bring to the management of the CIM.
My scientific background has also given me another habit: looking at the facts and the data before reaching conclusions.
Science teaches us something very important: however elegant a theory may be, it must always be tested against reality. If the observations do not match what we predicted, it is not reality that is wrong.
I believe this principle is also useful in managing a rating rule and, more generally, an organisation such as the CIM. We must respect the experience accumulated over time, while retaining the ability to measure, verify and, when necessary, correct.
Finally, scientific research is international by its very nature. Throughout my life, I have worked with people of different nationalities, cultures and languages towards common goals. I find much of the same spirit within the CIM. French, Italian and Spanish members, as well as representatives of other countries, may have different traditions and sometimes different opinions, but we share a common passion and a common responsibility.
What legacy would you like to leave, at the end of your mandate, to the new generations of owners and crews joining classic sailing?
I would be satisfied if, by 2030, the CIM had become a more modern, more visible and more international organisation, and one that was closer to owners than it had been four years earlier.
The real achievement, however, would be to see more young people aboard our boats.
We must prevent classic sailing from gradually becoming a magnificent but closed world, in which owners and crews grow old alongside their boats. Passing this passion and culture on to new generations is probably one of our most important challenges.
For a young person to fall in love with a classic yacht, we must first give them the opportunity to step aboard. We need to show them that these boats are not merely beautiful to look at from the quayside: they are extraordinary to helm, trim and understand.
I would therefore like us to create more opportunities for people to meet and build more bridges between generations.
Above all, I would like to convey one idea: we never fully own a classic yacht. For a few years, sometimes for a few decades, we are its custodians. Someone designed it, someone built it, others preserved or saved it before us and, if we have done our job well, someone will continue to sail it after us.
If, by the end of my term, the CIM has become stronger and more modern while retaining this awareness of its history and its responsibilities, then my colleagues on the Board of Directors and I will be able to feel that we have done a good job.

%2019.12.40.png/v1/fill/w_320,h_320/file.jpg)



Commentaires